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Les aides cachées pour recruter un apprenti (que personne ne demande)

Les aides cachées pour recruter un apprenti (que personne ne demande)

L'aide unique à l'apprentissage, tout le monde la connaît. Les 6 000 euros versés la première année sont devenus un argument de recrutement standard. Mais cette aide très médiatisée cache d'autres dispositifs moins connus et pourtant bien réels.

Des milliers d'euros restent chaque année sur la table parce que les employeurs ignorent qu'ils y ont droit. Certaines aides sont nationales, d'autres régionales. Certaines concernent des publics spécifiques, d'autres sont accessibles à tous sous conditions.

Ce tour d'horizon des aides méconnues vous permettra peut-être de récupérer quelques milliers d'euros supplémentaires.

L'aide Agefiph pour les apprentis en situation de handicap

Si votre apprenti est reconnu travailleur handicapé, une aide spécifique de l'Agefiph s'ajoute à l'aide unique. Cette aide est cumulable et peut atteindre des montants significatifs.

L'aide à l'embauche Agefiph pour un contrat d'apprentissage est de 4 000 euros maximum. Le montant exact dépend de la durée du contrat et du niveau de handicap. Cette aide est versée directement à l'employeur, en plus de l'aide unique de l'État.

Une prime à l'insertion de 1 600 euros peut également être versée si l'apprenti est embauché en CDI à l'issue de son contrat. Cette prime récompense la pérennisation de l'emploi.

Des aides à l'adaptation du poste de travail sont disponibles si des aménagements sont nécessaires. Équipements spécifiques, logiciels adaptés, aménagement des horaires. Ces aides peuvent couvrir plusieurs milliers d'euros de dépenses.

Pour bénéficier de ces aides, l'apprenti doit être reconnu RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé). La demande se fait auprès de l'Agefiph, avec un dossier spécifique. Les délais sont de quelques semaines.

Beaucoup d'apprentis en situation de handicap ne sont pas identifiés comme tels. Certains handicaps sont invisibles ou non déclarés. Informer les candidats de l'existence de ces aides peut les inciter à faire reconnaître leur situation.

Les aides régionales complémentaires

Chaque région dispose de ses propres dispositifs d'aide à l'apprentissage. Ces aides s'ajoutent aux aides nationales et varient considérablement d'un territoire à l'autre.

En Île-de-France, la région propose une aide à la mobilité pour les apprentis qui doivent se déplacer loin de leur domicile. Aide au permis de conduire, participation aux frais de transport, aide au premier équipement.

En Auvergne-Rhône-Alpes, un dispositif d'aide aux employeurs a existé sous forme de prime supplémentaire pour certains secteurs en tension. Les modalités évoluent chaque année.

En Nouvelle-Aquitaine, des aides à l'hébergement sont proposées aux apprentis qui doivent loger près de leur CFA pendant les périodes de formation.

La liste complète est impossible à dresser car les dispositifs changent régulièrement. Le réflexe à avoir est de contacter le conseil régional ou de consulter son site internet pour connaître les aides en vigueur.

Les CFA connaissent généralement les aides régionales disponibles. N'hésitez pas à leur poser la question. Ils peuvent vous orienter vers les bons guichets.

L'aide au permis de conduire

Le permis de conduire est souvent nécessaire pour un commercial. Prospecter des clients, se rendre en rendez-vous, livrer des échantillons. Sans permis, l'apprenti est limité dans ses missions.

Une aide de 500 euros est automatiquement accessible à tout apprenti majeur qui passe le permis B. Cette aide est versée par le CFA, qui se fait ensuite rembourser par l'État. L'apprenti doit simplement fournir une facture de l'auto-école.

Certains OPCO complètent cette aide avec un financement supplémentaire. Le montant varie selon les branches, mais peut atteindre 1 000 à 1 500 euros au total. Renseignez-vous auprès de votre OPCO.

Des régions proposent également des aides au permis qui peuvent se cumuler. En additionnant toutes les sources, le coût du permis peut être presque entièrement couvert.

L'employeur n'est pas obligé de financer le permis de son apprenti. Mais informer l'apprenti des aides disponibles facilite l'obtention du permis et donc son opérationnalité sur le terrain.

L'aide à l'hébergement et à la restauration

Les apprentis qui doivent se loger pendant les périodes en CFA peuvent bénéficier d'aides spécifiques.

L'allocation logement (APL ou ALS) est accessible aux apprentis comme à tout locataire. Le montant dépend des revenus et du loyer. Pour un apprenti, l'aide peut couvrir une part significative du loyer.

Les résidences étudiantes et internats des CFA proposent des tarifs préférentiels. Certaines régions subventionnent ces hébergements, réduisant encore le coût.

Action Logement propose des aides spécifiques pour les alternants. Avance du dépôt de garantie, garantie Visale pour se porter caution, aide Mobili-Jeune pour réduire le loyer.

Pour la restauration, des aides au ticket restaurant ou au forfait repas peuvent exister selon les régions et les CFA. Renseignez-vous auprès de l'établissement de formation.

Ces aides bénéficient directement à l'apprenti, pas à l'employeur. Mais un apprenti qui n'a pas de souci financier est plus disponible mentalement pour son travail. L'informer de ces dispositifs fait partie de l'accompagnement.

Le crédit d'impôt formation du dirigeant

Ce dispositif ne concerne pas directement l'apprenti mais le dirigeant qui se forme au tutorat.

Un dirigeant d'entreprise qui suit une formation de maître d'apprentissage peut bénéficier du crédit d'impôt formation. Ce crédit est égal au nombre d'heures de formation multiplié par le taux horaire du SMIC.

Pour une formation de 14 heures (deux jours), le crédit d'impôt est d'environ 160 euros. Ce n'est pas énorme, mais c'est toujours ça de pris.

Ce crédit d'impôt est cumulable avec le financement de la formation par l'OPCO. La formation peut donc être totalement gratuite voire générer un gain fiscal.

Pour en bénéficier, il faut remplir le formulaire 2079-FCE-SD lors de la déclaration de résultats. Conservez l'attestation de présence à la formation comme justificatif.

Les exonérations fiscales liées à l'apprentissage

Au-delà des aides directes, des exonérations fiscales réduisent le coût de l'apprentissage.

La rémunération de l'apprenti est exonérée de taxe sur les salaires pour la part inférieure à 79% du SMIC. Cette exonération réduit la charge fiscale des entreprises assujetties à cette taxe.

La contribution supplémentaire à l'apprentissage ne s'applique qu'aux entreprises de plus de 250 salariés qui ne respectent pas le quota d'alternants. Les PME n'y sont pas assujetties.

Les sommes versées au titre de l'apprentissage (formations, matériel pédagogique) peuvent être déduites du résultat imposable. C'est le cas de toute charge d'exploitation, mais certaines dépenses spécifiques à l'apprentissage sont parfois oubliées.

Parlez-en à votre expert-comptable. Il pourra identifier les optimisations fiscales possibles dans votre situation particulière.

Les aides sectorielles

Certains secteurs d'activité bénéficient d'aides spécifiques à l'apprentissage.

Le BTP a historiquement des dispositifs favorables à l'apprentissage. PRO BTP propose des aides complémentaires aux entreprises du secteur.

L'artisanat bénéficie d'aides de la CMA (Chambre des Métiers et de l'Artisanat). Accompagnement au recrutement, aide au premier équipement de l'apprenti.

Le commerce et la distribution ont des dispositifs via leurs branches professionnelles. Les OPCO sectoriels comme Opcommerce ou OPCO Commerce proposent des aides spécifiques.

L'agriculture via Ocapiat a des dispositifs particuliers liés à la saisonnalité et aux spécificités du secteur.

Contactez votre fédération professionnelle ou votre OPCO pour connaître les aides propres à votre secteur. Elles sont souvent méconnues des employeurs.

Comment ne pas passer à côté

Avec cette multiplicité de dispositifs, le risque est de ne pas demander ce à quoi on a droit. Quelques bonnes pratiques évitent de laisser de l'argent sur la table.

Faites un point complet au moment du recrutement. Listez toutes les aides potentiellement applicables à votre situation. Vérifiez les conditions d'éligibilité une par une.

Utilisez les simulateurs officiels. Le simulateur du portail de l'alternance, ceux des OPCO et des régions donnent une première estimation des aides disponibles.

Sollicitez votre conseiller OPCO. Il connaît les dispositifs de sa branche et peut vous orienter vers les bons guichets pour les autres aides.

Gardez une trace de toutes les dépenses liées à l'apprentissage. Certaines peuvent ouvrir droit à des remboursements ou des déductions que vous n'aviez pas anticipés.

Renouvelez la vérification chaque année. Les dispositifs évoluent. Une aide qui n'existait pas l'année dernière peut être disponible cette année.

Ce qu'il faut retenir

L'aide unique de 6 000 euros n'est que la partie émergée de l'iceberg. Des aides complémentaires existent pour les apprentis handicapés, au niveau régional, pour le permis et l'hébergement, et dans certains secteurs.

Le cumul de ces aides peut représenter plusieurs milliers d'euros supplémentaires. Sur un contrat de deux ans, cela peut faire la différence entre un apprentissage à peine rentable et un apprentissage très avantageux financièrement.

Prendre le temps de recenser toutes les aides disponibles est un investissement qui se rentabilise. Une heure de recherche peut rapporter plusieurs centaines voire plusieurs milliers d'euros.

Ne comptez pas sur les administrations pour vous informer spontanément. C'est à vous d'aller chercher l'information et de faire les demandes. Les aides existent, encore faut-il les activer.

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